Los hombres (y mujeres) que no amaban el inconsciente

Dice Maud Mannoni:
Si se coloca el término ‘enfermo’ en un paréntesis fenomenológico, se gana al abandonar el estudio de la enfermedad para hacer un abordaje más justo del ‘enfermo’. Pero de todos modos, no tenemos que caer en la trampa de una ideología fundada sobre criterios adaptativos.
(…) Las nociones de ‘yo fuerte y autónomo’, la creencia en la necesidad de un rol paterno (…) ‘sólido’, toda esta estrategia adulta desnaturaliza el psicoanálisis reducido así a no ser más que una herramienta al servicio de un ideal de rendimiento.
La psiquiatría y el psicoanálisis amenazan con tomar en la historia el relevo de la Policía y de la Iglesia, defensores de la moralidad, que proponen a los ‘pacientes’ valores estándar ” ( Maud Mannoni: Enfance aliénée. L’enfant, la psychose et l’institution. Denoël. Paris 1984. Traducción casera).

Aunque lo parezca, estos párrafos de Maud Mannoni, una gran psicoanalista de la segunda mitad del siglo XX y discípula de Jacques Lacan, no atacan al psicoanálisis, sino a una forma de hacer psicoanálisis que podríamos llamar, parafraseando a Stieg Larsson, la de “Los hombres (y mujeres) que no amaban el inconsciente” ni, por lo tanto, al psicoanálisis.

Y no lo aman porque en lugar de escuchar el inconsciente de las personas que sufren, ayudarles a despejar la niebla y encontrar su propio camino, ellos les aconsejan, los dirigen hacia lo que para ellos es un bien (a que se casen, a que se divorcien, a que tengan hijos, a que tengan un hobby, a que vayan al gimnasio…), les hacen creer por un lado en la fantasía de que existe el buen camino, pero además en la de que va a haber siempre alguien ahí cuando lo necesiten, o en la otra fantasía de que existe alguien que sabe lo que uno tiene que hacer o decir o qué decisiones tomar… lo que todos sabemos que es una falacia. Es decir que si tú le preguntaras a cualquiera: ¿de verdad crees que hay alguien en el mundo que sabe lo que tienes que hacer?, te diría que no, que esa creencia es infantil. Pero luego, ya metidos en harina, hay que ver qué empeño ponen algunos y algunas en que el psicoanalista, o un amigo, o su madre, les digan la solución correcta a su problema… oye y que si no se la dices ¡ se enfadan contigo un montón, como si la supieras y no se la quisieras contar !

Pero tal como sugiere Mannoni, los psicoanalistas no tenemos un nuevo ideal saludable que ofrecer a nuestros analizantes, ni a nuestra familia o amigos. Muy al contrario, pensamos que cada uno ha de encontrar su propio camino para ser lo más feliz que pueda. Los psicoanalistas, en primer lugar, sólo estamos ahí para nuestros analizantes (no los llamamos pacientes porque están activos en su proceso de cura), ya que para nuestros familiares somos familia y para nuestros amigos, amigos. Y no estamos ahí como sabios serios y reconcentrados, como fingiendo con nuestra actitud que sabemos de todito.

Y estamos para nuestros analizantes en la disposición de animarles a seguir un camino propio, para tender una mano cuando se abre un barranco al inicio o en mitad del recorrido y que puedan dar el salto al otro lado, o bien ayudarles a fabricar un puente que haga ese pasaje menos duro. Los psicoanalistas no estamos ahí para compensar nuestros complejos haciéndonos pasar por gente que lo sabe todo o casi todo.

Esto no tiene nada que ver con psicoananalistas que están siempre en silencio, o que atienden a todo el mundo y en todo momento un tiempo estándar, o que cobran una cantidad estándar, o que dan sentido a todo lo que dice el analizante, como si estuvieran dentro de su cabeza, o como si éste fuera tonto o niño, o como si hubiera que completar sus huecos. Una cosa es que el analizante lo pida, y otra cosa es que tengamos que responder a ese deseo infantil… ¡o que podamos!

Al contrario, un psicoanalista que ama el inconsciente es el que está dispuesto a dejarse sorprender por lo que aparece en cada sesión, el que deja en suspenso su propio saber para señalar al analizante que habla el saber sobre sí mismo que asoma tras sus palabras, quedando modestamente en un segundo plano, para dejar en primer plano… ¿qué? Pues el inconsciente de sus analizantes y no la supuesta sabiduría del psicoanalista.

 

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¿Qué es el Fascismo?

Poemas Desde el Vacío

adolf_hitler

Por: Luis Britto García

1
Hollywood representa el fascismo como pandilla de malencarados en uniforme que agitan estandartes y gritan órdenes. La realidad es más perversa. Según Franz Leopold Neuman en Behemoth: The Structure & Practice of National Socialism, 1933-1944, el fascismo es la complicidad absoluta entre el gran capital y el Estado. Donde los intereses del gran capital pasan a ser los de la política, anda cerca el fascismo. No es casual que surja como respuesta a la Revolución comunista de la Unión Soviética.
2
El fascismo niega la lucha de clases, pero es el brazo armado del capital en ella. Aterroriza a la baja clase media y la marginalidad con el pavor a la crisis económica, a la izquierda y la proletarización y las enrola como paramilitares para reducir por la fuerza bruta a socialistas, sindicalistas, obreros y movimientos sociales. Mussolini fue subvencionado por la fábrica de armas…

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Toi, tu ne vaux rien pour le capital ! (symptômes du XXIe siècle) 1

Un jeun homme, X, 17 ans, face á son échec scolaire, a décidé de ne plus aller au lycée, de prendre quelques mois pour réfléchir et retrouver confiance en lui. Il se fait embaucher dans une entreprise. Ses qualités le font apprécier de ses chefs et de ses collègues. Au bout de quelques mois, le directeur des ressources humaines le fait appeler et, sur un ton trés désagréable, lui dit que l’on est très mécontent de son travail et même qu’il est un véritable inutile, raison pour laquelle on a décidé de le licencier et tout en lui disant cela, très en colère, il lui “balance” son solde de tout compte pour qu’il le signe. X, angoissé signe. Quelques heures plus tard, en parlant à sa famille, il comprendra que le chef a employé une technique agressive, produit de ce que nous pourrions appeler “le savoir du capitaliste” – dans le sens de ce que Lacan nomme le discours capitaliste – afin d’obtenir l’accord de l’employé pour son licenciement. Ce discours du capitaliste, Lacan l’écrit:
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Le mot “inutile” restera longtemps présent à son esprit. L’état d’insécurité qu’il va devoir affronter á ll’avenir importe peu pour l’entreprise. Ce qui compte vraiment pour elle, c’est d’avoir pu épargner quelques milliers d’euros 2. Et ceci, parce que X ne vaut rien pour le capital.
Un autre jeun homme, Y, a obtenu le travail de ses rêves: consultant dans l’une des grandes entreprises d’Espagne, il s’y engage avec toute son énergie, son enthousiasme et son portefeuille de clients. Il dira que le grand chef charismatique est comme un père pour lui. Seulement une angine de poitrine, et le commencement d’une analyse, ainsi que la perte de son portefeuille de clients subtilisé par ce chef qui était comme un père pour lui, le font changer d’avis et se rendre compte qu’avant de le licencier pour son manque de productivité il l’avait obligé de travailler vingt heures par jour. S’il avait été conduit à consommer pour cela certaines substances et sacrifier sa santé c’était son problème, parce que c’est un fait, Y ne vaut rien non plus pour le capital.
X et Y viennent avec des symptômes qui vont bien au-delà de ceux que produit un narcissisme blessé. Tous deux ont raconté avoir été au bord du passage à l’acte et proches de la dépersonnalisation.
Nous disons qu’aujourd’hui les jeunes veulent tout (sans limites à la jouissance), ils le veulent immédiatement (sans retard ni détour possibles, la notion de temps a changé: il n’y a plus de temps pour le sujet), ils le veulent sans rien donner en retour (sans avoir à perdre pour gagner, sans entrer dans aucune négociation, ce qui serait le fruit de l’oedipe), et ils le veulent sans avoir à faire aucun effort (parce que ce tout, ils le méritent). Mais on peut dire la même chose de leurs parents.
Que disait Lacan du discours capitaliste ? Qu’il n’est ni faible ni stupide, mais follement rusé. Il disait aussi qu’il était insoutenable et destiné à crever. Pour le moment, ce sont X et Y qui crèvent, et non pas le discours capitaliste qui continue à produire ses effets.
Ainsi, dans le reportage du Journal El País, 31 octobre 2009: Le cinéma d’horreur sadique est-il malsain? on lit:

“Dans une des scènes de Saw VI une femme doit se mutiler pour assurer sa survie. Quel est l’effet sur le spectateur d’une scène aussi pénible ? Une professeure de philosophie dit : “La cruauté a toujours été présente au cinéma, parce que, comme
la tendresse, elle fait partie de notre psychisme. […] Cesfilms ont plus de succès chez les jeunes, car au fond ce sont de terribles niaiseries […] quand ils voient quelque chose qui s’éloigne du commercial, ils ne savent pas où soutenir l’émotion
des images. Ils se perdent”.

La professeure de philosophie ne se rend pas compte que, d’un côté elle dit que ces images sont des niaiseries et de l’autre que les jeunes ne trouvent pas où soutenir l’émotion des images. Mais, n’est-ce pas dans la pensée que nous avons à soutenir les émotions? Est-ce que l’équilibre psychique ne se soutient pas dans le fait de passer et de repasser par les circuits signifiants, ce que Freud appelait le processus secondaire ? Si elle dit que ce sont des niaiseries, elle dévalue le jugement des gamins sur la cruauté qu’ils perçoivent, qui a à voir avec le jugement d’attribution. S’ils ne peuvent plus se fier à cequ’ils pensent à partir de ce qu’ils perçoivent, comment ne se perdront-ils pas?
Le fait de ne pouvoir trouver d’appui sur une parole vraie est un effet du discours capitaliste, qui ne s’intéresse qu’à la parole ou au savoir qui permettent de continuer d’accumuler de l’argent.
Alors comment nous étonner de ce que ce XXIe siècle soit marqué par une prédominance de l’image perçue sur l’image pensée, et par une prééminence de l’action sur le mot? Nous pouvons penser que la mutilation de plusieurs livres de chair successives est une métaphore de la castration dont les adolescents ont besoin pour inscrire la violence qui accompagne ce pas si difficile à franchir qu’est l’adolescence; ou bien nous pouvons nous demander où est la ligne de démarcation entre métaphore et métonymie pour cette castration impossible à finir de refouler. Nous avouons ne pas savoir parfois où trancher (en parlant de mutilations…) par rapport à ce qu’il vaudrait mieux censurer. N’importe quel passage à la fiction peut-il être salutaire ? Quand on cherche dans Google quelque chose sur le happy slapping (filmer des scènes de violence réelle avec son portable et les mettre sur Internet), on peut trouver rassurant qu’il y ait seulement trois photos fixes. Google a décidé de ne pas alimenter cette jouissance. Françoise Dolto se demandait si l’enfant a le droit de tout savoir. Aujourd’hui nous pouvons nous demander si l’enfant a le droit de tout voir. En tout cas, en tant qu’analyste ce n’est pas notre affaire de mettre des frontières sauf dans nos consultations; Mais il nous revient de prendre en charge quelques effets du discours capitaliste.
Revenant à l’obscénité de ce qui s’offre au regard, parlons du happy slapping. Là aucune métaphore, mais une violence réelle, une violence sans conflit de générations, sans argument, une pure décharge de pulsion scopique et de violence pour se faire plaisir. Il y a quelques années, j’ai présenté à Alicante 3 un travail sur la violence chez les enfants et les adolescents en m’appuyant sur les thèories de notre collègue J.-P. Lebrun qui proposait la thèse selon laquelle cette violence non structurale serait une conséquence de l’effacement de la différence entre générations. Je continue à penser cela, mais peut-être que maintenant j’ai pu faire un tour de plus, et ma question serait alors: qu’est-ce qui s’efface quand s’estompe la différence entre les générations ? Notre réponse est le réel comme impossible, ou pour dire mieux l’impossible du réel, impossible qui, justement, ne s’inscrit pas dans le discours capitaliste.
Toute l’histoire de l’humanité et de la littérature est pleine d’exemples de cette violence que les enfants destinent à leurs parents, violence structurale, oedipienne, due à un impossible auquel nous nous confrontons en tant qu’êtres humains: savoir que nous ne pourrons jamais être dans la génération de nos parents même si nous leur donnons l’estocade. Les adolescents reconnaissent cet impossible, tout en luttant contre lui pour l’éprouver. Mais, la violence d’aujourd’hui n’a rien d’oedipienne…
Parlons maintenant de quelque chose de fréquent dans nos consultations. Une fille de 12 ans, Z, est atteinte avant l’été de bruxisme et de diverses terreurs, diurnes et nocturnes, contre lesquels elle se voit obligée de procéder à des rituels, ce qui inquiète ses parents. “J’en ai marre que mon frère pénètre dans ma chambre parce que l’ordinateur s’y trouve. Le mois dernier il m’a introduit un virus” (double métaphore qui parle d’un autre type de contamination). “Tous les livres qui ne rentrent pas dans le salon, mon père les introduit dans ma chambre”. Dans ce foyer, heureusement pour Z, cette propension “introduire” peut s’entendre à un niveau métaphorique et l’on peut percevoir dans ces plaintes quelque chose d’habituel dans les foyers espagnols (avec, par exemple, les disputes qui ont à voir avec “qui a la télécommande”, en espagnol : el mando = celui qui commande).
Les parents de Z sont des gens modernes qui n’empêchent pas leur fille de regarder des séries TV dans lesquelles on parle ouvertement de sexe entre adolescents ou entre adultes et adolescents. Dans cette foyer tout semble possible. Il n’y a pas de portes fermées que l’on ne puisse ouvrir sans frapper, ni de tiroirs cachés car: qu’y aurait-il à cacher? “Figure-toi, Maria Cruz – disait le père – je peux te tutoyer, non? Je tutoie tout le monde – dernièrement, notre fille ne veut pas se montrer nue à la plage devant nous. Une petite fille habituée à nous voir nus ma femme et moi depuis toujours, c’est un peu curieux que soudain elle commence à manifester cette pudeur absurde, n’est-ce pas? “Non, je ne crois pas”, ai-je répondu, à son grand étonnement.
Z est une petite fille dégourdie qui à un moment donnée de la cure commence à s’intéresser à la saga “Les sentinelles du crépuscule” (Twilight), d’abord aux livres et finalement au film. Pendant quelques mois, toutes nos jeunes patientes ne parlaient que de cela, donc nous avons décidé d’aller le voir. Dans le film, une fille d’environ 16 ans “décide” d’arrêter de vivre avec sa mère en Arizona, pour que “la pauvre” puisse voyager avec son nouveau mari et elle part vivre avec son père dans un autre état. Le père ne s’est pas remis en couple et c’est là un détail important. Dans son nouveau lycée, elle rencontre un beau jeune homme, un peu trop pâle, qui la regarde avec une passion débordante et qui bientôt, lui avouera qu’il est un vampire, et il se présente avec tous les attributs du Maître: “Je suis le plus grand prédateur qui existe”, dit-il. Et en plus, il la désire… ou il désire son sang – on joue tout le temps sur l’ambiguïté. Il la désire tellement qu’il doit la fuir parfois parce que son désir est trop intense et il craint de ne pas la respecter comme elle le mérite.
Nous pouvons imaginer toutes les équivoques qui se produisent sur ce fond d’hémoglobine ardente pour que le film ait pu être autorisé pour tous publics, y compris à la fin où on ne sait pas trop s’il lui mord le cou pour qu’elle devienne vampire ou s’il l’embrasse de façon canonique. À un moment donné le héros vampire sauvera la jeune fille… d’un autre vampire qui n’est pas végétarien. Et l’on apprend que le jeune protagoniste est un vampire végétarien parce que sa lignée a renoncé depuis des siècles d’aller au bout de la jouissance liée au sang humain: “Nous mangeons des animaux, mais le fait de ne pas manger d’humains, nous laisse insatisfaits”. Ce sont donc des vampires parfaitement névrosés qui sont passés par le refoulement et, par conséquent, ils sont capables de renoncer, non seulement à leur satisfaction immédiate, mais aussi à leurs pulsions assassines. Reconnaissons l’astuce géniale trouvée par les scénaristes pour rester sur le plan de la loi du père.
Mais nous nous sommes dit que, finalement, Les sentinelles du crépuscule n’était qu’un roman à l’eau de rose comme ceux de Rafael Pérez y Pérez (écrivain espagnol du Xxéme siècle) il y a un siècle, quoiqu’un peu dégoûtant, et nous avons dit à Z qu’on ne comprenait pas pourquoi cette saga intéressait autant les filles, en quoi c’était mieux que d’autres romans d’amour. Elle nous a regardé avec le mépris de celui qui contemple un ver de terre et nous dit: “Puisque le garçon est un vampire, c’est une histoire impossible!”.
Nous supposons que les lecteurs, depuis un bon moment, sont en train de voir se dessiner les contours d’une future structure hystérique. D’accord, mais ce n’est pas l’important. Dans les anciens romans, l’amour impossible découlait de la condition aristocratique de l’un des partenaires et de l’appartenance de l’autre au prolétariat. Nous ne croyons pas que la nécessité de ce stratagème: introduire des êtres à moitié morts, tient au déclin de l’aristocratie. Nous avons lu aussi dernièrement que le voilement que l’on fait de la mort en Occident mène les ados à la dévoiler ainsi. Mais nous, nous croyons plutôt que, du fait qu’il soit de plus en plus difficile de concevoir un impossible, les enfants ont besoin d’aller le chercher dans l’au-delà.
En effet, dans une famille, celle de Z comme tant d’autres ou dans un monde dans lequel tout est imaginable, nous avons, certes, à notre disposition tous les objets dédiés à notre plaisir, mais nous devenons nous-mêmes objets de consommation, comme quand Nespresso nous considère comme membres de son club, ce qui plaît aux femmes, alors qu’en fait, rapidement, nous réalisons que George Clooney nous a mordu le cou pour que nous achetions éternellement ces capsules de café. Dans ce monde dans lequel les différences sont effacées entre les sexes et les générations, comment les enfants et les jeunes font-ils pour inscrire les impossibles qui représentent des points de butée à la jouissance, butée qui fait de nous des êtres humains et nous libère de notre condition originaire d’objets phalliques?
Revenons à Z, nous voyons qu’elle a aussi trouvé une issue: puisque le social s’acharne à faire de la vie sexuelle quelque chose de complètement naturel et explicite et à faire disparaître les voiles du mystère, de l’énigme un peu émouvante, de la tendresse qui nous semble la façon la plus positive par laquelle le réel du sexe peut nous être montré. Et puisque ses parents ont décidé de se défendre du sexuel 4 en dévoilant leur sexualité à la lumière du jour, elle inscrira l’impossible un peu au-delà. S’il n’y a pas de barrière entre parents et enfants, elle aura à faire seule l’effort de la construire; mais plus tout à fait seule, puisqu’elle est en analyse. Elle pourra donc passer de symptômes ennuyeux comme le bruxisme et les rituels, à sa passion pour la saga “Les sentinelles du crépuscule” qui nous annonce quelque chose de l’ordre du sinthome ou, au moins, une évolution du symptôme vers quelque chose de plus agréable.
L’entrée dans le langage borne des territoires qui seront à jamais des impossibles pour le sujet humain. Toutefois, nous constatons que le progrès astronomique de la science et la technique dans ces dernières années, contribuent à produire cette forme particulière de croyance que l’impossible peut être surmonté. Moustafa Safouan dit: “Le jugement d’impossibilité implique que la loi d’interdit de l’inceste […] fonctionne dans l’inconscient comme limitation imposée à l’ombilication première […]”. En effet, dans les Études sur l’OEdipe (Le Seuil, 1974), Safouan parle de “jugements d’impossibilité”, dans lesquels “se fait sentir le poids de la castration”. Il donne des exemples tels que: “Il est impossible d’avoir la même date de naissance que son père, […] le passé ne revient pas, […] des propositions universelles qui tracent les chemins vers la réalité. Elles supposent les affirmatives qui les précédent, et leur apparition dans le discours de l’inconscient signifie la rupture avec ces affirmations-là […]”.
Parfois les parents qui, comme nous le rappelle Robert Lévy dans son dernier livre, se doivent d’être les “agents de l’opération métaphorique”, craignent de ne pas être assez progressistes, ou bien par facilité ne renoncent pas à la jouissance, et ils “désorientent l’ordre symbolique”, selon l’expression de J.-J. Rassial, au lieu d’aider leurs enfants à obtenir un refoulement complet, ce qui leur permettrait à entrer dans la période de latence, et plus tard à en sortir, deux frontières difficiles à traverser. Y entrer leur accorderait d’investir le culturel et le lien social, d’aller du côté des Idéaux et de mettre à distance le monde des objets. Les adolescents qui aujourd’hui, par exemple, ne quittent pas leur ordinateur ou autres écrans, font partie de ceux qui ne peuvent pas sortir de la latence.
Nous croyons que ces jugements d’impossibilité dont parle Safouan et ce “désorienter l’ordre symbolique” que commente Rassial 5, ont à voir avec la nécessaire effectuation du refoulement, dont Robert Lévy parle dans son livre 6. Et ces trois idées vont dans le sens du discours de l’analyste, à l’opposé du discours capitaliste, car pour l’analyste, l’objet a occupe la fonction de cause du désir.
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S2     S1

Dans d’autres cas la question est plus délicate, parce que l’on commence à voir quelques adolescents de 14-15 ans, ou même moins, qui disent que leur corps est une erreur et veulent être opérés pour changer de sexe. Ceci angoisse beaucoup nos collègues qui les reçoivent parce qu’ils ne veulent pas être répressifs, mais d’un autre côté ils se demandent si ces filles et garçons-là ne sont pas en train de s’engager dans une psychose, alors il ne faudrait pas les encourager dans leur tentative d’inscrire dans le réel de leur corps ce qui ne parvient pas à s’inscrire symboliquement: la castration. Dans ces cas, nous ne sommes pas devant des parents qui désorientent l’ordre symbolique, mais devant des familles qui l’abolissent directement. Mais attention, il existe un discours prétendument progressiste que la société a adopté très rapidement, et qui traite en termes de droits ce qui est la manifestation d’une grave difficulté Rassial 7, en parlant du déclin des noms du père dit: “Sans doute l’analyste dans la cité a quelque chose à en dire, ne serait-ce qu’en refusant de cautionner les dérives qui accentuent ce déclin”. Et il parle de certaines solutions sociales qui accompagnent ce déclin parmi lesquelles il situe l’autorisation d’une castration réelle pour les transsexuels, la réduction du père à une fonction biologique, etc. Il nous invite alors comme professionnels à ne pas être complaisants avec ces choses-là.
Pour finir, revenons à X et Y, les jeunes hommes du début qui ne valent rien pour le capital. Robert Lévy nous rappelle un passage du petit Hans de Freud et il dit: “Ainsi, l’enfant en tant que métonymie éprouve ce que c’est que de n’être Rien”. Alors, nous avons deux possibilités symptomatiques: la première est la solution de compromis dont parle Freud, conséquence du renoncement forcé à un lieu, celui du phallus, lieu dans lequel nous n’avons jamais été, non parce que l’Autre ne nous désira pas comme phallus, mais parce que le phallus n’existe pas et que, en tant que névrosés, nous sommes devant un impossible à inscrire sauf comme prohibition, et la prohibition de nos jours… est très mal vue.
Ce sont là les symptômes névrotiques courants. Mais, quand la capacité de métaphorisation est atteinte ou quand la métaphore du Nom du Père n’est pas suffisamment constituée, et tout être humain a pu expérimenter cela, enfant ou adolescent, à savoir ce que c’est de “n’être rien pour celui qui est placé dans la position de l’Autre”, alors ce sont des moments où n’importe qui peut se précipiter dans un passage à l’acte.
Peut-être de ce fait, et c’est une hypothèse que nous mettons à l’épreuve ici: même chez les adultes qui ont pu achever un travail de refoulement et construire par conséquent la métaphore paternelle, il peut y avoir des moments dans la vie, en présence de signifiants particuliers à chacun comme “tu es un vrai inutile”, où l’on peut penser que quelque chose se réactualise d’une époque où la métaphore n’était pas encore complètement constituée. Elle était alors comme entre parenthèses. Pourrions-nous appeler traumatiques ces moments vécus par X et Y dans leur travail, moments de rencontre avec des signifiants qui amènent de l’horreur, l’horreur de la métonymie ? C’est l’idée que nous nous faisons pour nous expliquer les passages à l’acte chez certaines personnes. Il y a quelque chose d’une horreur très profonde qui peut resurgir. C’est aussi notre hypothèse à propos de certains maux qui se manifestent en ce XXIe siècle.
Travail apparu à Analyse Freudienne Presse, 2011/1 n° 18, p. 139-149. DOI : 10.3917/afp.018.0139

1 Traduction : Lola Monleón et Serge Granier de Cassagnac.
2 L’objet a prend ici la forme des bénéfices obtenus dans cette opération où un savoir a été utilisé de ceux que l’on nomme maintenant par euphémisme “techniques proactives” ou autres (qui servent uniquement à obtenir ce type de résultats).
3. M.C. Estada, Enfants avec katana, à paraître.
4 Idée pertinente que je dois à Bernard Brémond.
5 J.-J. Rassial, Le sujet en état limite, Paris, Denoél, 1999.
6 R. Lévy, L’infantile en psychanalyse. La construction du symptôme chez l’enfant,
Toulouse, érès 2008 – Ed. Letra Viva, Buenos Aires, 2008.
7. J.-J. Rassial, op. cit., p. 178.

Sexo en el podio

A nadie que trabaje en estos menesteres de zurcidores de almas se le debería escapar la genitalización progresivamente temprana de las niñas españolas; genitalización que podemos observar en nuestro trabajo clínico y que nos parece que resta un tiempo que le es necesario a la infancia: el tiempo del juego, de los primeros descubrimientos, las grandes amistades, las utopías…
Y no decimos sexualización porque ya Freud nos alertó hace más de cien años de que los niños desde que nacen están sexuados y el que lo estén es parte de la vida. Lo que pasa es que su manera de estar sexuados es por ejemplo en los lactantes valorar no sólo el disfrute de la succión cuando maman, sino también cuando succionan el chupete o su propio dedo. Más adelante encontrarán los deleites propios de la salida al exterior de las heces o, por el contrario, el placer que supone el poderío de retenerlas y preocupar a mamá en su afán de no soltar nada… o de soltarlo cuando acaban de cambiarle el pañal, lo que supone ya un dominio del propio cuerpo muy interesante en el camino de la subjetividad y en la relación con el otro.
Otras veces es su persona por entero lo que sexualizan para ofrecerlo a otro y, así, que crean ser ellos los únicos que pueden consolar a mamá cuando está triste, o las únicas que logran que a papá deje de dolerle la cabeza. Los niños van experimentando los goces que su cuerpo les ofrece hasta que, en un momento dado, entran en lo que Freud llamó “latencia”. Es una etapa en la que son capaces de dejar las pulsiones en suspenso para colocar el objeto de su interés fuera de sí mismos y, así, valorarán la amistad, el deporte, la música, la cultura en general, saliendo del mundo de lo concreto, de las pequeñas satisfacciones corporales, del pequeño cotilleo y las historias menudas, para ampliar su mundo y ser capaces de socializarse y encontrar satisfacción en lo abstracto, en las ideas. Y en todo este proceso, los padres ayudan… o no, como en el resto de las cosas.
Finalmente, al llegar la pubertad, Freud nos dice que las pulsiones autoeróticas que habían reinado en la infancia vuelven… y hay una oportunidad para hacer algo diferente con ellas, es decir, para dirigirlas a la relación con quien ya se puede considerar como el objeto amoroso que empieza a perfilarse y a elegirse en esta etapa. Hasta aquí el camino normal de sexualización que con sus vaivenes, con sus más y con sus menos, desembocará poco a poco en la sexualidad adulta.
Las niñas y los niños de los años 60 y 70 y también los adolescentes tenían en la televisión y en el cine heroínas y héroes a quienes imitar que eran niños y niñas: Marisol, Pili y Mili, Rocío Dúrcal de adolescente, cantantes como Parchís o Enrique y Ana. Cantaban como niños, se movían como niños y, en sus películas, tenían problemas propios de los niños.
Sin embargo, desde hace varios años, al menos las niñas españolas toman como modelo a Beyoncé o a Rihanna en cuanto a la música y a top model en cuanto a ideal de belleza y comportamiento, en fin, ¿por qué no? Salvo que conocemos casos en que con siete u ocho años, las niñas bailan coreografías haciendo movimientos claramente sexuales… y sin saber lo que hacen. En cuanto a sus modelos de comportamiento para la vida, son los adolescentes que aparecen en las series españolas de televisión, todos con problemas sexuales, drogas o suicidio aunque tengan doce años. Da la impresión de que ahora los niños pasan directamente de las sutilezas de Harry Potter (gran acierto el de la autora al retratar el mundo de la infancia), a series como “Física y química” en la que unos descerebrados con cuatro ideas, pretenden entender todos los problemas que plantea un adolescente.
Los varones aún permanecen un poco más en la infancia, enganchados a los juegos de ordenador, o a los diversos formatos que adopta La Guerra de las Galaxias. Algunos permanecen en esto incluso demasiado tiempo, porque luego los vemos tener que emborracharse ya con veintitantos si quieren abordar a alguna chica. Pero en cuanto a las niñas, cuanto más Lolita parezcan, más podrán integrarse entre las niñas de su edad. Cuanto más tempranas sean sus experiencias sexuales, más arriba figurarán en el ranking. Su importancia, su valor como persona consistirá entonces en poder enarbolar las insignias del sexo, y no su valía en otros terrenos.
Nos parece que todo ello contrasta con la lucha feminista que quiere sacar a las mujeres del papel de meros objetos sexuales y, por el momento andamos cavilando sobre el porqué es la mostración y exhibición de los atributos sexuales lo que está en el podio entre las niñas españolas en los últimos años. Pero es un hecho. ¿Alguna idea?